mardi, 27 juin 2017
 

Poulet "halal" DOUX : ASIDCOM et WMCO interpellent Terrena et Gastronome

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Doux est contrôlé par la coopérative Terrena, depuis le 19 mai 2015. Elle est l’actionnaire majoritaire à hauteur de 52,5% du capital. Le deuxième actionnaire étant un des principaux clients de Doux, le Saoudien Al Munajem, qui possède 25 % du capital. La famille Doux détenait le solde, soit 22,5 % des parts. [1]

ASIDCOM et WMCO ont alors décidé d’interpeller le groupe Terrena et sa filiale de volaille Gastronome au sujet de leurs produits "halal".






A l’attention de :

M. Maxime VANDONI
Directeur Général Groupe Terrena
La Noëlle – BP 20 199
44155 ANCENIS CEDEX

M. Christian VIGNAUD
Directeur Gastronome
Zac de l’aérôpole – 36 impasse Louis Blériot
44150 ANCENIS

Le 29 juin 2015

Objet : Le Poulet Doux « halal »

Messieurs les Directeurs,

Les consommateurs musulmans comptent sur les engagements du groupe Terrena et l’application de sa charte dans le cadre de ses produits halal (Doux et autres). Nous sommes particulièrement préoccupés au sujet des normes religieuses utilisées par le Groupe Terrena pour l’abattage halal, de sa garantie halal ainsi que sa participation dans les efforts visant à la normalisation séculière du halal en France et toute l’Europe.

En effet, Les consommateurs musulmans sont demandeurs de produits halal issus d’abattage halal conforme aux prescriptions religieuses (c. a. d. un abattage manuel sans l’interférence d’aucun type d’étourdissement avant ou après la saignée). Nous sommes conscients du surcout qui peut entrainer la production halal véritablement conforme. Mais cela ne serait-il acceptable pour les consommateurs en échange du respect de leurs convictions religieuses ? A ce propos, nous citons, M. Olivier Andrault (UFC que choisir) : « Il me parait donc évident que les consommateurs serait prêt à payer d’avantage pour une meilleur qualité et une garantie de l’origine, à condition que l’écart de prix reste raisonnable. »  [2]

L’AFCAI s’appuie sur une fatwa obsolète pour justifier la pratique d’un abattage mécanique avec étourdissement au préalable dans les abattoirs Doux « halal ». Cela ne nous étonne pas. En réalité L’AFCAI est une association de traduction. Elle a fait l’objet d’un reportage télévisé, par canal+ [3], qui a dévoilé des pratiques inacceptables par les consommateurs musulmans. La fiabilité de son certificat (témoignage) est régulièrement contestée par le magazine électronique de consommateurs musulmans Alkanz, parmi d’autres. En septembre 2010, ASIDCOM publie une version anglophone de son enquête sur les organismes de certification halal, en France. C’est alors en janvier 2011 que JAKIM (Malaisie) retire son agrément à l’AFCAI.

L’AFCAI et Doux sont représentés au sein de la commission AFNOR « Denrées alimentaires halal ». L’abattage religieux est un point central dans une norme halal. Mais le système de normalisation de l’AFNOR et du CEN devra conduire à une définition de l’abattage religieux basée sur les pratiques industrielles. Le but est clairement de permettre la mise en application des modifications introduites par décret du 18 décembre 2009 à l’article R214-70 du code rural. Mais sachez que ces modifications font l’objet d’une saisine du Conseil de l’Etat par ASIDCOM [4]. En effet, définir l’abattage religieux à partir des pratiques industrielles est illégal à plusieurs égards. Il constitue notamment un acte discriminatoire envers les consommateurs musulmans. Par ailleurs, les travaux de normalisation séculière du halal sont fortement contestés par les acteurs musulmans français, européens et internationaux. Une déclaration par un certain nombre d’organisations musulmanes éminentes du monde entier a été récemment publiée [5].


Nous exhortons Terrena et sa filiale Gastronome à considérer l’installation d’un abattage halal conforme pour répondre aux besoins des consommateurs musulmans. En outre, tous les efforts que vous fournissiez pour éviter d’interférer avec les droits des musulmans à travers le processus à outrance de normalisation européenne officielle du halal sont les bienvenus et seront très appréciés.
Nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos respectueuses salutations.

Dr. Ibrahim Abd El-Rahim
Umm Al-Qura University – Makkah Al-Mukaramah, Saudi Arabia

World Muslim Consumers Organization (WMCO)
20 allée des maisons Russes
93340 Le Raincy


Hanen Rezgui Pizette
ASIDCOM
Maison des associations de Lille
74 Rue Royale
59000 Lille

Credit image


[1] http://www.lemonde.fr/economie/arti...

[2] http://www.senat.fr/compte-rendu-co...

[3] http://www.dailymotion.com/video/xf... - http://www.dailymotion.com/video/xk...

[4] http://www.asidcom.org/IMG/pdf/Lett...

[5] http://www.asidcom.org/Closing-Stat...

7 commentaires
  • On ferait mieux de s’en prendre au marché dit "halal" et qui ne l’est pas vraiment dans les boucheries et commerces arabes ceux qui se disent musulmans.
    Ebsuite, surtout demander les bilans et les comptes de ceux qui ont les agréments de la certification aux mains de 3 personnes Boubaker à Paris, Meroun à Evry et Kabtane à Lyon.
    Toujours les mêmes depuis plus de 20 ans !
    Arretons l’hypocrisie et ouvrons les yeux sur leurs agissements si nous voulons respecter notre religion.

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    • Complètement d’accord avec Chrif ! le commerce du "halal" génère des bénéfices considérables au profit "d’association à but non lucratif" ??? A qui profite tout cet argent ? Pourquoi les mosquées qui bénéficient de cette manne financière énorme n’en fait pas bénéficier ses fidèles à qui on en demande toujours plus ?
      Ces fidèles à qui on demande de faire des dons pour le fonctionnement d’une mosquée, avant de donner à telle ou telle mosquée, je vous engage à demander les comptes et bilans, vous seriez surpris des bénéfices générés par vos dons ! Les espèces récupérées tous les vendredi, qu’en fait-on ? Qui les prend ? Tout cela reste très opaque, notamment dans les "grandes mosquées". Demander vous également si les personnes en vraies difficultés financières obtiennent une aide de la mosquée ? Quel parcours du combattant elles doivent subir pour arriver à récupérer une modique somme ? La zakat donnée aux mosquées pour les nécessiteux leur est-elle réellement redistribuée ? Beaucoup de questions que devraient se poser les donateurs de bonne foi avant de choisir à qui donner sa zakat.

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      • Salaam,
        Qui profite de l’argent du halal ?
        il y a trois mosquées agréées par l’Etat. La construction de toutes est financée par l’étranger. La mosquéee d’Evry appartient au Maroc. La mosquée de Paris depend de l’Algérie. la mosquée de Lyon plus indépendante de l’étranger mais bénéficie aussi de traitement de faveur. Parmi ces trois mosquées, on peut dire que seulement la moquée de Lyon dépense une partie importante de l’argent de la certification halal pour financer les dépenses nécessaires à ce type d’activité. les deux autres, de Paris et d’Evry ne font qu’encaisser.Ces trois mosquées ont réussit à dominer le marché notamment grâce à leur prétention d’être agréée pour la certification (cf. affaire Carrefour http://www.asidcom.org/Communique-M...). ASIDCOM a constitué un dossier sur cette affaire et l’a adressé aux services de l’État. mais, il y a une volonté politique ferme de ne pas inspecter les pratiques trompeuses des trois mosquées, même si celle de Lyon en fait moins.

        Aussi en agréant trois mosquées, l’Etat à créer une distorsion de concurrence entre les organismes de certification. il suffit pour une mosquée pour entraver l’activité d’un organisme concurrent de refuser de fournir la carte de sacrificateur indispensable pour l’abattage rituel. là aussi, vous pouvez constater la responsabilité de l’État qui maintient des conditions très favorables aux pratiques déloyales sur le marché halal.

        regardons maintenant le cas des boucheries halal. ASIDCOM a fait une enquête à ce sujet. il y a un gros problème de discriminations faites aux acteurs musulmans. Les bouchers travaillent dans des conditions très difficiles avec la dominance des pratiques de concurrence déloyales. On laisse faire car ces bouchers assurent le dégagement des produits déclassés par les circuits conventionnels. ASIDCOM prépare un livre dont la sortie est prévue aux alentours du mois de septembre 2015. Son titre est "La République et le Halal : histoire de l’abattage religieux musulman en France". Les problèmes de l’opacité du marché halal ont des origines et des responsables. C’est en apprenant sont histoire depuis la deuxième guerre mondiale qu’on ait une vision plus claire des choses. cela permet notamment de sortir de la culpabilisation systématique faite par Chérif aux représentants du culte et les organismes de certification en bloc.

        La démarche d’ASIDCOM consiste à étudier les dossiers en profondeur et d’agir sur base des faits bien établis et non en émettant des présomptions.
        Wassalaam

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        • Je ne culpabilise personne je dénonce une réalité et des responsabilités.
          La différence c’est que je connais qq parcours de ces personnes arrivées à ces postes par un concours de circonstance presque toujours peu lié à la religion.
          Et certains, sans le vouloir, je les ai croisés bien avant qu’ils soient connus par les musulmans.
          Eh oui...comme on dit on n’a que ce que l’on mérite.

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          • Cher frère,

            Le dossier du halal est bien plus grave que la simple dénonciation de quelques individus. Ces derniers n’ont fait que profiter du système et une gestion étatique peu respectueuse de nos droits.

            regardez l’exemple de l’instance de dialogue. Tout ceux qui n’ont cessé de dénoncer et critiquer le CFCM, n’ont pas hésité une seconde à faire partie de cette mascarade non démocratique. Ils ont exactement fait ce qu’ils repprochent au CFCM, mais dans un cadre juridique mille fois plus précaire que celui du CFCM. Les gens critiquent quand ils ne peuvent pas avoir leur petite part du gâteau. souvent il y a un besoin d’assouvir une soif au pouvoir et à bien d’autres choses. le travail pertinent et désintéressé pour l’intérêt de tous passe parfois au second plan.

            En tout cas l’histoire du poulet Doux est à 100% entretenue par une volonté politique à dicter aux musulmans qu’est ce qui est halal. les abattoirs Doux profitent de cet intérêt politique à leur cas. Mais les consommateurs musulmans veulent en finir avec tous ces produits haram consommés chaque jour par nos pèlerins sur les terres sacrées de la Mecque.

            Salaam

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            • Concernant la réunion des "150 personnalités" au ministère de l’intérieur le 15 juin 2015, en effet, il est à craindre que ça n’aboutisse à guère de sérieux.
              Parmi les présents certes il y a ceux que vous dénoncez à juste raison mais il y avait aussi bcp de gens neutres et peut être naïfs.
              Non seulement, on leur a imposé le discours d’accueil d’un Boubaker finissant sans honte de la médiocrité de son bilan.
              Mais pire encore ! Ils ont vu parader un certain Gilles Kepel auteur du livre propagandiste et islamophobe "les banlieue de l’islam" dans lequel dès 1988 (je crois) il cherchait à susciter la peur dans l’opinion publique. Ce prétendu "chercheur" n’apporte rien de bon depuis près de 30 ans ne commentant les faits qu’après coup.
              A ma question sur ce qu’il faisait là ? il m’a été répondu par une personne que je croyais aguerrie car ayant fréquenté ce machin du Cfcm depuis 2003 :
              " c’est le conseiller du Ministre" !
              Ah bon ? première nouvelle.
              J’ai eu l’occasion de rencontrer cet écrivain lors d’une conférence publique où il faisait la promotion d’un de ses derniers livres et je lui ai demandé naïvement "pourquoi quelqu’un comme lui, qui connaît bien ces questions, ne défendrait-il pas les musulmans victimes de racisme et d’islamophobie ?".
              Non seulement, il contesta le terme islamophobie car "il empêcherait toute critique de l’islam" mais sa réponse fut très claire : " ce n’est pas à moi de le faire" !
              Voilà c’est dit ! circulez y a rien a voir ! je m’intéresse à l’islam mais je ne corrige pas les amalgames, le racisme anti musulman...etc.
              C’est pourquoi on ne peut que s’étonner de sa présence au ministère ce jour là.
              Exercerait-il une autorité quelle conque sur le Cfcm ou la future "organisation représentative" ?
              Pauvres citoyens musulmans...toujours sous tutelle ?

              Répondre


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